Dans un échange avec la surface de la toile, le geste n’impose pas, il accompagne. Il s’ajuste, ralentit, se retient, laissant à la matière le temps d’évoluer selon sa propre dynamique. Ce qui advient ne relève pas entièrement d’une intention, mais d’un équilibre entre action et laisser faire. Des fissures se dessinent, les couleurs blanchissent, des fragments se détachent.

Il ne s’agit pas de représenter, mais de faire surgir.

Sans chercher à raconter, la peinture ouvre des espaces imaginaires, traversés d’échos venus de différentes époques. Le sens s’élabore avant le récit. Le sens s’élabore sans récit. La collecte de pierres, de terres et de fossiles, effectuée au fil de voyages, constitue un premier réservoir de formes. L’atelier est le laboratoire où ces éléments entrent en jeu. Oscillant entre apparition et effacement, les formes deviennent signes ou paysages selon les yeux qui les traversent. Elles demeurent en suspens sans tout à fait se fixer.

Ainsi, chaque œuvre est construite comme un terrain silencieux, un espace où le regard peut dériver entre matière et imaginaire.

Expositions